Lexique
Ce lexique a été conçu dans le cadre de notre projet de recherches. Il nous a semblé intéressant d’apporter un éclairage particulier sur certains mots choisis : parfois parce que . Parfois, car ce n’étaitest pas un luxe de relire leurs définitions et, parfois parce qu’car il nous paraissaitparaît nécessaire de préciser notre propre vision de certains mots.
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A.I.C.S.
Agresseur
Amnésie traumatique
Article 417/5
- B
Brave space
- C
Classement sans suite
Consentement
Criminologie
- E
E.M.D.R.
Équithérapie
- F
Féminisme(s)
- H
Honte
Hypervigilance
- I
Inceste
- J
Justice
Justice punitive (justice pénale)
Justice restaurative (ou restauratrice)
Justice transformatrice (ou transformative)
- L
Légitimité
Loyauté
- N
Non-lieu
- P
Pair-aidance
Patriarcat
Perte de chance
Privilèges
- R
Recherche expérimentale
Recherche transdisciplinaire
Reconnaissance
Réparations
Réparations financières
Responsabilisation
- S
Sidération
Sur-violence
Survivant·e
- T
T.C.C. Thérapie d’approche cognitivo-comportementale
T.R.E.
T.S.P.T. Troubles de stress post traumatique
Thérapie psycho-corporelle
Toxique
- V
V.S.S.
Victime
Viol
Violences psychologiques
Violences sexuelles
A.I.C.S.
A.I.C.S. est l’acronyme d’« Auteurs d’Infractions à Caractère Sexuel ». Ce terme est utilisé en Belgique par les professionnel·le·s de la justice et de l’accompagnement thérapeutique, notamment au sein d’organisations qui proposent des parcours de responsabilisation destinés aux auteurs d’infractions à caractère sexuel.
Agresseur
Un agresseur est une personne qui a commis une agression. La définition d’une agression sexuelle est un contact physique non consenti, sur la bouche, les seins, les fesses, le sexe ou l'intérieur des cuisses. Étant donné que dans 98% des cas, les violences sexuelles sont commises par des hommes, nous faisons le choix de genrer ce mot au masculin. Nous préférons employer le mot “agresseur” plutôt qu’“auteur” par souci de clarté : soyons claires, on ne parle pas de personnes qui ont écrit des livres. Un agresseur reste un agresseur tant qu’il ne bouge pas, tant qu’il ne fait rien, tant qu’il ne se remet pas en question, tant qu’il ne répare pas, intensivement, profondément, sur la durée, pendant des années. Ceci vaut aussi pour le mot “violeur”.
Amnésie traumatique
Les amnésies traumatiques complètes ou parcellaires sont des troubles de la mémoire fréquents que l’on retrouve chez les victimes de violences. Elles se définissent cliniquement par l’incapacité de se souvenir en totalité ou en partie d’éléments importants d’un événement traumatisant. Elles peuvent durer plusieurs dizaines d’années et entraîner une amnésie de pans entiers de l’enfance, presque sans aucun souvenir mobilisable, ce qui entraîne une impression douloureuse d'être sans passé ni repère.
Source:
l'amnésie traumatique un mécanisme dissociatif pour survivre, Dre Muriel Salmona, psychiatre. Lien.
Article 417/5
L'article 417/5 du Code pénal belge, introduit par la loi du 21 mars 2022, définit le consentement sexuel comme un accord donné librement. Il précise que ce consentement doit être actif, ne peut être déduit du silence ou de l'absence de résistance, peut être retiré à tout moment, et ne peut être donné sous l'emprise de la peur, de substances psychotropes, d'une maladie, ou par l'effet de la contrainte, de la menace, de la violence, de la surprise, ou de la ruse.
L’article 417/5 deviendra l’article 132 à partir du 8 avril 2026.
Source : site web SOS VIOL
Brave space
Le brave space, qu'on pourrait traduire par « espace d'encouragement », est une notion qui constitue une alternative à l'espace public dominant et aux safe spaces. Il s’agit d’un espace où l'on est conscient·e·s en y allant de prendre le risque de faire faux et d'être corrigé·e·s afin de s'améliorer et d'apprendre. Contrairement aux safe spaces, les brave spaces ne se limitent pas uniquement aux personnes concernées; ils sont aussi ouverts aux personnes alliées, sensibles, sainement curieuses et/ou désireuses d’en savoir davantage sur une réalité ou une discrimination vécue. La notion de brave space permet de sortir du réflexe de délation et de pointage des coupables.
Classement sans suite
Un classement sans suite est une décision du système judiciaire* de ne pas engager de poursuites pénales contre l’auteur·e présumé·e d'une infraction, faute d'éléments suffisants, d'opportunité, ou pour des raisons de priorité dans l’action de la justice ou de prescription de l’action publique. Cette décision, basée sur l'appréciation des faits, n'est pas définitive et peut être révoquée en cas de nouveaux éléments ou si la victime prend l'initiative de saisir un juge d'instruction ou de citer directement l'auteur devant le tribunal. Actuellement, quand une victime de V.S. dépose plainte (ce qui est déjà rare), il y a plus d'une “chance” sur deux que l’affaire soit classée sans suite.
La principale différence entre un classement sans suite et un non-lieu est qu’un classement sans suite est une décision du procureur prise en phase d'enquête préliminaire tandis qu’un non-lieu est une décision judiciaire prise par un juge d'instruction après une information judiciaire.
* En Belgique, la décision est prise par le procureur du roi.
Sources:
Justice belge
Amnesty
Consentement
Accord libre, éclairé et non contraint qu’une personne donne pour qu’un acte sexuel ait lieu. Il existe une tradition féministe qui interroge le consentement – notamment, la possibilité même de consentir dans un contexte de dominations. Céder n’est pas consentir. Selon la philosophe Manon Garcia, le manque de clarté autour du terme “consentement” viendrait de notre héritage culturel libéral. Le libéralisme a élaboré la notion de consentement en s’appuyant sur l’idée, en grande partie fictive, d’individu·e·s totalement libres de leurs choix, comme si aucune structure de domination n’existait pour les contraindre. Consentir n’est pas seulement acquiescer ou céder à une proposition qui nous est faite: c’est aussi la possibilité de participer à une conversation continue et enthousiaste entre les personnes.
Voir aussi Article 417/5
Sources :
Traverser / Transcender & La bonne poire
Pour aller plus loin, voir Manon Garcia.
Criminologie
La criminologie est l'étude scientifique et pluridisciplinaire du phénomène criminel, qui englobe l'analyse des causes du crime, des caractéristiques des agresseur·se·s et des victimes, ainsi que des réponses sociales et institutionnelles. Elle s'appuie sur diverses sciences humaines comme le droit, la sociologie et la psychologie pour comprendre le crime et développer des politiques de prévention et d'intervention.
E.M.D.R.
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une approche thérapeutique indiquée dans le traitement des situations traumatiques. L’EMDR est notamment appropriée pour soigner les difficultés psychiques suite à des violences sexuelles (angoisses, hypervigilance, anxiété, épuisements, insomnies, etc.). Basée sur des études scientifiques, cette méthode prend en compte les pensées, les émotions et les sensations corporelles. Peu importe que l’évènement soit clairement identifié ou non et quelle que soit son origine ou le moment où il s’est produit.
Source :
Réseaux EMDR
Équithérapie
L’équithérapie est un soin psychique médiatisé par le cheval et dispensé à une personne dans ses dimensions psychiques et corporelles. Le mot d’équithérapie se compose d’equus (le cheval, en latin) et de therapeia (le traitement ou le soin, en grec ancien). Les moyens employés par les équithérapeutes peuvent être d’ordre corporel (perceptions, stimulations sensorielles, gestes, postures, tonus…) tout autant que psychologiques (échanges verbaux, émotions, désirs, relations…). La médiation, qui est centrale en équithérapie, repose sur l’idée d’une relation tripartite : le patient, le thérapeute et le cheval.
Féminisme(s)
Le féminisme est un mouvement social qui lutte pour atteindre l’égalité des genres. Dans une définition plus large, le féminisme a pour objectif de combattre toute forme de discrimination et d’exclusion sur la base du genre. Il lutte contre le système patriarcal (qui légitimise la domination masculine) et contre les inégalités structurelles et économiques qui en résultent. Le féminisme n’est pas un bloc uniforme. Il comprend différents mouvements et courants de pensée philosophiques et politiques. Il existe autant de définitions que de personnes qui revendiquent leur appartenance à celui-ci. Ainsi, ne devrait-on pas parler plutôt “des féminismes” ?
Définition RNFB :
Féminisme(s)
Honte
La honte est une émotion qui incite à respecter les normes. Dans un contexte de domination, elle est une arme redoutable pour contrôler et faire taire les minorités en les enfermant notamment dans le silence. Cette émotion paralysante peut également permettre des prises de conscience et devenir un puissant moteur de changement : avoir honte, c’est aussi sortir du déni, se reconnaître une part de responsabilité et trouver de la motivation pour corriger ses erreurs. C’est ce que soutient le slogan “La honte doit changer de camp !”
Sources :
La Bonne Poire et Nos alliés les hommes
Hypervigilance
État de vigilance anormalement exacerbé par l'anticipation d'un danger imminent réel ou imaginé, et qui s'accompagne d'une anxiété accrue. Les personnes qui en souffrent sont particulièrement sensibles à l’environnement et à leur entourage. Ainsi, les personnes en hypervigilance, les sens en alerte, guettent les moindres détails suspects, prêtes à réagir à tout danger qui pourrait surgir. Souvent, elles imaginent le pire afin de s’y préparer. Leur cerveau suranalyse et réagit de manière excessive aux informations sensorielles. On observe donc un biais attentionnel en faveur des stimuli menaçants.
Source :
Grand dictionnaire terminologique du gouvernement canadien
Encyclopédie pi-psy
Inceste
On entend par inceste les actes à caractère sexuel commis au préjudice d'un·e mineur·e par un parent ou allié ascendant en ligne directe, allié en ligne collatérale jusqu'au troisième degré, ou toute autre personne occupant une position similaire au sein de la famille des personnes précitées. Selon les chiffres de l’OMS, on estime que les violences sexuelles concernent 20 à 24% des filles et 5 à 11% des garçons de moins de 17 ans dans les pays occidentaux. La majorité relèverait de l’inceste. Tous les milieux sociaux, des plus aisés aux plus précarisés sont touchés. L’anthropologue Dorothée Dussy définit l’inceste comme étant le berceau des dominations, qui fait de la famille le lieu d’un dressage silencieux et naturalisé. Quand on parle d'enfant, il n'y a jamais de consentement.
Justice
La justice est un mot complexe. Il peut s’agir à la fois d’un idéal philosophique (l’idée de Justice), de l’action de juger et châtier (“faire” ou “rendre” justice), de ce qui est légal conformément au droit (les règles du jeu dans nos États modernes) et l’institution qui est responsable de la faire respecter (ministère de la Justice) – et enfin toutes ces choses qui peuvent par ailleurs entrer en conflit avec nos sentiments, notre sens individuel de la justice. Pour éviter les malentendus malgré cette polysémie, il est en tout cas utile de distinguer “système judiciaire”, “besoin de justice”’ et “sentiment de justice”.
Justice punitive (justice pénale)
La justice punitive est le type de justice principalement utilisé par l’État. L’objectif de la justice punitive est de punir les agresseur·se·s à la hauteur des dommages causés par leurs actes. Ses principes : le·la criminel·le ne prendra des responsabilités qu’à travers la punition ; infliger de la souffrance dissuadera un comportement criminel futur ; rassembler les personnes qui ont agi de façon similaire et les isoler du reste de la population.
Source :
Extrait du site internet du Collectif Fracas.
Justice restaurative (ou restauratrice)
La justice restaurative (ou restauratrice) est un modèle alternatif de justice qui traite en priorité l’atteinte causée aux relations humaines, plutôt que les lois qui ont été transgressées ; la participation des citoyen·ne·s dans leurs propres conflits plutôt que la délégation aux autres ; et la réparation des préjudices causés plutôt que des sanctions imposées dans un objectif d’infliger de la souffrance. La justice restaurative est une approche visant à aborder le préjudice ou le risque de préjudice en engageant toutes les personnes concernées à parvenir à une compréhension commune et à un accord sur la manière dont le dommage ou l’acte répréhensible pourrait être réparé et la justice rendue.
Source :
Définition proposée par Anne Lemonne, docteure en criminologie, spécialiste des violences sexuelles et de la justice restaurative
Justice transformatrice (ou transformative)
La justice transformatrice considère le conflit comme une opportunité de renforcer, améliorer et approfondir le lien social en mettant à jour ce qui ne fonctionne pas et en le travaillant ensemble. La JT part du postulat que les individu·e·s et les communautés ont un fort potentiel de changement et d’apprentissage. Elle travaille en parallèle sur les processus de réparations de la personne ayant subi les violences, de responsabilisation de la personne à l’origine de celles-ci et de transformation du groupe dans lequel cela a eu lieu. Les enjeux de la justice transformatrice sont multiples, les plus commun sont : apporter de la sécurité et du soutien des victimes, responsabiliser les agresseur·se·s, accompagner les communautés/groupes pour prévenir la récidive et enfin s’attaquer aux causes structurelles qui ont mené à la violence.
Source:
Extrait du site internet du Collectif Fracas. Pour aller plus loin, voir la définition complète sur le site internet de Fracas.
Légitimité
Être légitime est synonyme d’être dans son bon droit. C’est un mélange entre le fait d’être concerné·e par un sujet et d’en avoir une connaissance suffisante pour avoir des choses politiquement pertinentes à dire. Le terme “légitime” est parfois utilisé pour souligner si une personne a le droit, la crédibilité ou non de se positionner sur tel ou tel sujet.
Source :
Extrait du site internet du Collectif Fracas. Pour aller plus loin, voir la définition complète ici.
Loyauté
La loyauté peut se définir comme le fait d’être fidèle à ses valeurs, ses engagements vis-à-vis de quelqu’un·e ou de quelque chose. On peut faire preuve de loyauté envers quelqu’un·e en approuvant ses choix et en prenant son parti en situation de conflit. Dans un contexte de VSS, la loyauté est souvent convoquée par les proches des personnes concernées pour minimiser ou nier les faits. Cette posture dommageable empêche les possibilités d’une responsabilisation, d'une remise en question et d’une réparation.
Source :
Extrait du site internet du Collectif Fracas. Pour aller plus loin, voir la définition complète ici.
Non-lieu
Un non-lieu est une décision rendue par une juridiction d’instruction mettant fin aux poursuites. Cette décision intervient préalablement au procès et uniquement en cas d’instruction pénale. Elle exclut qu’un procès se tienne pour juger de la culpabilité de la personne poursuivie. Elle peut être fondée sur l’absence de preuves suffisantes, l’impossibilité d’identifier l’auteur de l’infraction, sur l’irrégularité de la procédure, ou encore sur la prescription de l’action publique, voire le décès de la personne poursuivie. L’instruction peut être rouverte si de nouveaux éléments de preuve apparaissent ultérieurement.
La principale différence entre un non-lieu et un classement sans suite est qu’un non-lieu est une décision judiciaire prise par un juge d'instruction après une information judiciaire (enquête du procureur du Roi), tandis qu’un classement sans suite est une décision du procureur prise en phase d'enquête préliminaire.
Pair-aidance
La pair-aidance est une pratique qui vise à intégrer le savoir expérientiel dans les dispositifs psycho-médico-sociaux, à travers la participation d’ancien·ne·s bénéficiaires d’aide et de soins. Pour des services travaillant avec des personnes concernées par les V.S.S., elle permet de coller au plus près des réalités de celles-ci : les personnes ayant eu une expérience similaire peuvent en effet témoigner de leur vécu et, par leur parcours de rétablissement, donner espoir en un avenir meilleur, accompagner les personnes fragilisées et améliorer leur prise en charge.
Patriarcat
Le patriarcat est un système social inégalitaire, fondé sur la binarité et la hiérarchie de genre, qui donne un avantage aux hommes et exploite les femmes et les minorités de genre. Pour maintenir cette hiérarchie, ce système éduque les garçons à la violence (sexuelle, mais aussi financière, physique et psychologique) et légitime celle-ci en instaurant une solidarité masculine et en blâmant les victimes de façon à innocenter les agresseur·se·s. Après avoir opprimé les femmes et les minorités de genre, les hommes fondent des hiérarchies entre eux et oppriment également les hommes qui ne correspondent pas assez aux stéréotypes masculins.
Sources :
Les chroniques du sexisme ordinaire, épisode “C’est quoi le patriarcat ?”, et La Bonne Poire.
Perte de chance
La perte d’une chance est une notion spécifique utilisée notamment dans le Code civil, un type particulier de dommage, elle peut être définie comme la « perte certaine d’un avantage probable ». La perte d'une chance peut également être définie comme la disparition de la possibilité de ce qu'un événement favorable survienne ou de ce qu'un événement défavorable ne survienne pas. C’est une donnée qui peut être chiffrée notamment lors de demande de réparations financières suite à un viol et faire l’objet d’une indemnisation.
Sources :
J.-L. FAGNART, « La perte d’une chance ou la valeur de l’incertain », in La réparation du dommage. Questions particulières, Anthemis, Droit des assurances, 2006.D.
PHILIPPE, « Perte de chance et détermination du dommage »
Privilèges
Droit, avantage particulier accordé par une autorité, à une personne ou à un groupe, en dehors des règles communes. Les privilèges permettent à certains groupes de personnes d’évoluer de manière avantageuse dans des cadres économiques, politiques, sociaux, émotionnels, etc. Ces privilèges résultent de l’organisation d’une société qui fonctionne sur l'oppression et la domination des groupes moins privilégiés. Attention à la confusion avec “droit fondamental”: qualifier de privilège ce qui devrait être un droit fondamental accessible à tout le monde peut être contre-productif dans la lutte contre les inégalités.
Sources:
Via Remuer notre merde: We All Can Do It: Une analyse anarchiste de la Théorie du Privilège
Glossaire RFNB
Femmes de Droits
Via Remuer notre merde: Les privilèges de la blanchité, mâles, hétérosexuels et classistes
Recherche expérimentale
Nous utilisons le terme “recherche expérimentale” pour expliquer qu'il s’agit d’une recherche non académique dans le sens où la recherche Traverser / Transcender n’est pas reliée directement à un laboratoire universitaire mais est indépendante. Une recherche expérimentale peut être largement inspirée et nourrie de recherches académiques, notamment en sciences économiques et sociales. Elle puise sa méthodologie dans les pratiques artistiques transdisciplinaires, la recherche-action et la pair-aidance. Une autre manière de nommer une recherche expérimentale serait de dire qu’elle est “hybride” et/ou volontairement “punk”.
Source :
Définition proposée par l’équipe de Traverser / Transcender
Recherche transdisciplinaire
La recherche transdisciplinaire est une approche visant à résoudre des problèmes sociaux complexes en intégrant des connaissances issues de différentes disciplines scientifiques et de savoirs non académiques. Dans le cas de Traverser / Transcender, il s’agit de créer un espace de rencontre entre la criminologie, les arts vivants, le droit, la psychologie, l’économie, la poésie, l’anthropologie, les expériences empiriques, la pair-aidance, la sociologie, etc. Le préfixe “trans-“ signifie que la recherche se situe à la fois entre, à travers et au-delà de toute discipline. La transdisciplinarité est une approche qui permet une voie alternative à la systématisation et à l’uniformisation de la pensée grâce aux changements de perspectives qu’elle offre.
Source :
Définition proposée par l’équipe de Traverser / Transcender.
Reconnaissance
Être reconnu·e en tant que victime est indispensable lorsque l’on cherche à se reconstruire. Mais par qui et de quelle manière ? On pense peut-être en premier lieu à la reconnaissance par la société et par la justice pénale qui a ce “pouvoir” de reconnaître “officiellement” que l’on a subi une violence. Ensuite, on pense sans doute à celle de l’agresseur·se qui reconnaît ou non les faits. Ces formes de reconnaissance peuvent avoir une relative importance dans le chemin de reconstruction d’une victime, et ce notamment pour obtenir réparation d’une part et pour arriver à la reconnaissance de soi à soi d’autre part. Cependant, la reconnaissance, ça veut dire aussi et surtout pouvoir se dire à soi-même, ce que j’ai subi n’est pas “rien”, mon ressenti est légitime (voir définition légitimité) et j’ai le droit de prendre le temps de me soigner. Cette reconnaissance peut prendre du temps et elle est sans doute la plus importante : “Dépendre de ce que l’agresseur·se sera capable de dire, de reconnaître serait lui donner trop de pouvoir. Avec la distance, le chemin en tant que victime paraît être un retour vers soi, pour apprendre à se croire, à retrouver confiance, à écouter son corps, ses émotions, sa propre voix.”
Source:
Equipe Traverser / Transcender, à lire sur le site de la Ligue des Droits Humains.
Réparations
Par réparations nous entendons en premier lieu les réparations pour les victimes de V.S. mais aussi par extension les réparations de l’écosystème qui a mené aux VS. À ce stade de notre recherche, nous définissons cet écosystème comme un regroupement de toutes les personnes liées à une situation de VS (victimes, proches des victimes, agresseur·se·s, proches des agresseur·se·s, thérapeutes, acteur·rice·s de la justice, société). Nous suggérons de parler plus précisément de “chemins de réparations” car ce qui répare une personne peut être mal vécu par une autre, chaque parcours de réparation doit être respecté dans sa singularité.
Source :
Définition proposée par l'équipe de Traverser / Transcender.
Réparations financières
Les réparations financières sont des versements d'argent destinés à compenser un préjudice, qu'il soit causé par un accident, un acte criminel, un contrat non respecté ou une violation des droits humains. Il s’agit d’un dédommagement du préjudice subi. Le soupçon selon lequel les victimes de V.S. agissent par intérêt financier (cliché de la femme vénale) crée souvent un obstacle pour demander et obtenir des réparations financières alors que le coût des V.S. qui pèse sur les victimes est immense.
Source :
Magazine Axelle
Responsabilisation
La responsabilisation est le processus à travers lequel des agresseur·se·s sont amené·e·s à reconnaître leurs actes et les conséquences de ceux-ci, à offrir des excuses, des réparations ou des compensations aux personnes ou groupes impactés, et à amorcer une démarche de guérison et de transformation de leurs comportements, attitudes ou croyances à la source de la violence. La responsabilisation peut aussi se faire au niveau communautaire, dans la mesure où un groupe peut s’interroger et reconnaître les dynamiques qui ont rendu possibles les violences.
Source:
Ababord.org
Sidération
La sidération est un état de tétanie/paralysie : la personne ne peut pas réagir et reste figée. Elle se déclenche lorsqu’elle est confrontée à une violence qui menace l’intégrité physique (la sienne ou celle de quelqu’un·e d’autre) ou psychique. C’est une réaction involontaire à une situation traumatique, une réponse du corps et du cerveau qui tentent de nous permettre d'échapper à un risque vital intrinsèque cardiovasculaire et neurologique induit par une violence trop intense à supporter.
Source :
Qu'est-ce que la sidération? via memoiretraumatique.org
Sur-violence
Aussi appelée “victimisation secondaire”, la sur-violence est l’ensemble des souffrances additionnelles qu’une personne victime de violences endure à cause de réactions inadéquates à l’égard de son statut de victime. Cela peut prendre plusieurs formes : la mise en doute du vécu de la victime, le victim blaming (le fait de tenir la victime pour responsable de l’agression qu’elle a subie), ou encore des réactions institutionnelles (comme le refus d’enregistrer une plainte, une procédure humiliante, intrusive, ou trop étendue dans le temps).
Survivant·e
Victime ou survivant·e ? Le choix des mots est souvent important pour les personnes concernées. Dans les deux cas, nous faisons plutôt référence à des états, laissant ainsi l’espace au mouvement et à la transformation potentielle. De notre point de vue, être victime est un état passager, un moment de transition, une étape indispensable à la réparation. Ce n’est cependant pas une fin en soi. Nous sommes victimes tant qu’il n’y a pas de parcours de réparation. Ceci étant dit, l'essentiel est de respecter le choix de chaque personne concernée de se définir comme elle le souhaite car la gestion d’un traumatisme et la réalité qui en découle est singulière et lui appartient.
T.C.C. Thérapie d’approche cognitivo-comportementale
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une approche de traitement psychologique. Elle se concentre sur la compréhension et la modification des schémas de pensée et de comportements négatifs qui contribuent aux difficultés émotionnelles et comportementales.
Les TCC ont pour particularité de s'attaquer aux difficultés du patient dans « l'ici et maintenant » par des exercices pratiques centrés sur les symptômes observables au travers du comportement et par l'accompagnement par le thérapeute qui vise à intervenir sur les processus mentaux dits aussi processus cognitifs, conscients ou non, considérés comme à l'origine des émotions et de leurs désordres.
Sources :
Wikipédia
Réseau TTC Belgique
T.R.E.
T.R.E. ou Tension and Trauma Releasing Exercises signifie exercices de libération du stress, des tensions et des traumas. C’est une pratique somatique qui s’articule autour d’exercices accessibles et adaptables à chacun·e, permettant l’accès au réflexe corporel naturel de tremblement commun à tous les mammifères. Ce réflexe de tremblements, ou mouvements spontanés du corps, permet à la fois un relâchement des tensions profondes et une régulation du système nerveux autonome.
Source:
T.R.E. France
T.S.P.T. Troubles de stress post traumatique
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est caractérisé par des réactions intenses, désagréables et dysfonctionnelles après un événement traumatisant accablant. Les événements susceptibles de provoquer un TSPT sont ceux qui provoquent des sentiments de peur, d’impuissance ou d’horreur. Les expériences de guerre, les agressions sexuelles, et les catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme sont des causes fréquentes de TSPT. Les personnes souffrant d'un TSPT présentent 4 types de symptômes : symptômes d’intrusion, comportement d’évitement de tout ce qui leur rappelle l’événement, effets négatifs sur les pensées et l’humeur, altération de la vigilance et des réactions.
Thérapie psycho-corporelle
La psychothérapie corporelle est une approche qui s’intéresse aux interactions entre le corps et l’esprit. S’inspirant de la science et de la psychologie, c’est une thérapie polyvalente qui peut être utilisée aussi bien dans le cadre d’une thérapie individuelle que d’une thérapie de groupe.
Les pratiques psychocorporelles (PPC) comprennent l’ensemble des approches psychothérapeutiques partant du corps ou se servant du corps comme médiation, mais aussi plus largement des méthodes impliquant un travail corporel à visée psychothérapeutique. Chacune des pratiques psychocorporelles pourra avoir des objectifs différents en fonction de la ou les théories auxquelles elle se réfère.
Sources :
École Humaniste de Gestalt
Soigner par les Pratiques Psycho-Corporelles : pour une santé intégrative — ouvrage sous la direction d’Isabelle Célestin-Lhopiteau, publié en 2015 (Dunod).
Toxique
L’adjectif “toxique” désigne à l’origine une substance provoquant la destruction ou la dégradation d’un organisme. Il est désormais souvent appliqué à des comportements ou à des personnes, généralement de façon à essentialiser sans nommer exactement quels comportements ou formes de violences sont mis en cause. A l’instar du mot “problématique”, “toxique” est utilisé comme terme parapluie pour disqualifier quelqu’un. Plusieurs voix féministes invitent à développer un vocabulaire et des critères objectifs pour qualifier avec précision les violences vécues.
Source :
Extrait du site internet du Collectif Fracas. Pour aller plus loin, voir la définition complète ici.
V.S.S.
V.S. ou V.S.S. sont des acronymes qui signifient respectivement “Violences Sexistes” et “Violences Sexistes et Sexuelles”. Ils sont utilisés par les professionnel·le·s (sociologues, criminologues, soignant·e·s, etc.) et par les militant·e·s pour éviter de répéter continuellement le mot “Violence” qui peut être lourd et chargé, en particulier dans des contextes où des victimes peuvent être présentes. Cela pour minimiser les risques d’une réactivation de leurs traumatismes. Ce terme théorique aide à instaurer une distance.
Victime
Personne qui subit les conséquences délétères d’un événement, des agissements d'autrui (exemple victime d’un viol, d’une agression etc.). Se reconnaître en tant que victime après avoir vécu des V.S. est une étape indispensable pour pouvoir commencer un parcours de réparations. Victime ou survivant·e ? Le choix des mots est souvent important pour les personnes concernées. Victime est un état passager, un moment de transition, une étape indispensable à la réparation. Ce n’est cependant pas une fin en soi. Notre hypothèse est que nous sommes victimes tant qu’il n’y a pas de parcours de réparation.
Source:
Définition proposée par l’équipe de Traverser / Transcender.
Viol
Puisque le viol est partout, osons le faire entrer dans le langage ordinaire. Autant de fois qu’il se répète, qu’il est subi, qu'il frappe à la porte, qu’il entre sans frapper. Inscrivons-le dans le grand répertoire des affaires courantes. Affaire de tous, affaire de toutes. Nommer, dire, oser, entendre, écouter sa banalité, sa répétition. Prononcer le mot viol semble violent. Pourtant il est essentiel de rappeler que ce qui est violent n’est pas le mot mais l’acte qui a eu lieu. Même si cela peut faire peur, sortir le viol du silence, le reconnaitre est un premier pas indispensable pour ouvrir des perspectives de réparations.
Source:
Définition proposée par l’équipe de Traverser / Transcender.
Violences psychologiques
Les violences psychologiques regroupent un ensemble de techniques par lesquelles un·e agresseur·se attaque la confiance en soi, l’estime de soi, l’image de soi, les perceptions, les émotions, les pensées, le fonctionnement psychologique ou la santé mentale d’une personne, afin de faciliter la construction d’une emprise psychologique. Elles peuvent mener la victime à devenir confuse, à douter systématiquement de sa mémoire ou de ses perceptions, à développer une détresse émotionnelle importante ou encore à s’isoler socialement.
Source:
SOS Violence Conjugale
Violences sexuelles
Acte physique, visuel ou verbal commis par un agresseur à l’encontre d’vécu par une personne. Ces actes sont vécus , par la victime - sur le moment, ou ultérieurement - comme une menace, une invasion ou une agression, et ils entraînent une souffrance, un sentiment de dégradation et une perte de contrôle sur « les contacts intimes ».
Nous pourrions parler de violences qui affectent la sexualité plutôt que de violences sexuelles, dans le sens où l’on peut considérer que les violences sexuelles sont davantage liées à la domination et au patriarcat qu’à la sexualité. Une violence dite “sexuelle” n’est pas un “acte sexuel” mais un “acte de domination”.