Reconnaissance

Ce lexique a été conçu dans le cadre de notre projet de recherches. Il nous a semblé intéressant d’apporter un éclairage particulier sur certains mots choisis : parfois parce que . Parfois, car ce n’étaitest pas un luxe de relire leurs définitions et, parfois parce qu’car il nous paraissaitparaît nécessaire de préciser notre propre vision de certains mots. 

Reconnaissance

Être reconnu·e en tant que victime est indispensable lorsque l’on cherche à se reconstruire. Mais par qui et de quelle manière ? On pense peut-être en premier lieu à la reconnaissance par la société et par la justice pénale qui a ce “pouvoir” de reconnaître “officiellement” que l’on a subi une violence. Ensuite, on pense sans doute à celle de l’agresseur·se qui reconnaît ou non les faits. Ces formes de reconnaissance peuvent avoir une relative importance dans le chemin de reconstruction d’une victime, et ce notamment pour obtenir réparation d’une part et pour arriver à la reconnaissance de soi à soi d’autre part. Cependant, la reconnaissance, ça veut dire aussi et surtout pouvoir se dire à soi-même, ce que j’ai subi n’est pas “rien”, mon ressenti est légitime (voir définition légitimité) et j’ai le droit de prendre le temps de me soigner. Cette reconnaissance peut prendre du temps et elle est sans doute la plus importante : “Dépendre de ce que l’agresseur·se sera capable de dire, de reconnaître serait lui donner trop de pouvoir. Avec la distance, le chemin en tant que victime paraît être un retour vers soi, pour apprendre à se croire, à retrouver confiance, à écouter son corps, ses émotions, sa propre voix.”

Source: 
Equipe Traverser / Transcender, à lire sur le site de la Ligue des Droits Humains