Comment chiffrer des réparations suite à des violences sexuelles ?
Dialogues entre soin, justice et économie.
Cette seconde journée d’étude de la recherche Traverser / Transcender a eu lieu à la Tour des Finances de Bruxelles le 12 juin 2024, lieu hautement symbolique. Nous avons proposé aux participants un déroulé de journée qui se concentrait sur une réalité souvent niée dans le contexte de violences sexuelles : la dimension économique des réparations suite au préjudice.
Notre objectif pour cette deuxième journée d’étude était de traiter la dimension économique des violences sexuelles, très souvent niée dans notre société : ce n’est pas parce que l’impact économique est inexistant, mais parce qu’il est très peu nommé. Les réparations des violences sexuelles ont un coût financier conséquent pour les victimes (ainsi que pour la société) qui est largement invisibilisé.
On peut mentionner les dépenses liées à la justice pénale et/ou restauratrice lorsqu’elle est sollicitée, celles occasionnées par la prise en charge des soins de santé (physique, mentale, émotionnelle), ainsi qu’aux périodes d’incapacité de travail. Ces exemples constituent des montants exorbitants non comptabilisés. Ils ne se retrouvent pas dans les tableaux Excel alors qu’ils demanderaient à être mis en perspective.
Comment chiffrer les réparations des V.S. ? Que révèlent les coûts une fois chiffrés ? Qui paye quoi ? Comment déjouer la sur-violence que cet exercice peut amener ? Quels sont les avantages et inconvénients de traduire en langage économique les réparations de V.S. ? De quelles manières chiffres et récits peuvent-ils s’allier pour améliorer la situation ? Comment faire émerger une prise de conscience sociétale et politique des conséquences économiques des V.S. ?
Cette deuxième journée d’étude s’adressait aux acteur·ice·s de la justice (pénale, restaurative, transformative), du soin, de la santé, mais aussi aux personnes intéressées par cette thématique qui souhaitent participer à un changement de paradigme sociétal.